Les trois grandes familles, et leurs voies
- Scientifiques : MPSI (maths-physique), MP2I (maths-physique-informatique), PCSI (physique-chimie), PTSI (physique-technologie), BCPST (biologie), TSI et TB (réservées aux bacs technologiques) → écoles d'ingénieurs, ENS, écoles vétérinaires et d'agronomie.
- Économiques et commerciales : ECG, en quatre combinaisons (maths approfondies ou appliquées, avec économie-sociologie-histoire ou histoire-géographie-géopolitique), et ECT pour les bacs STMG → écoles de commerce par les concours BCE et Ecricome, ENS Paris-Saclay.
- Littéraires : A/L (hypokhâgne), B/L (lettres et sciences sociales, avec des maths), Chartes, et les prépas D1 et D2 (droit, économie) adossées à une licence → ENS, Sciences Po, écoles de commerce et de journalisme par les admissions parallèles.
Toutes partagent le même principe : deux ans de formation généraliste exigeante, sanctionnés par des concours nationaux — pas d'examen à rattraper, pas de sélection en cours de route. Redoubler la deuxième année (« cuber ») est courant et assumé. Chaque voie a son classement Erudisio, calculé sur les chiffres d'admission de chaque lycée.
Le rythme, sans filtre
Compte 30 à 35 heures de cours et 20 à 25 heures de travail personnel par semaine, des devoirs surveillés le samedi matin dans la plupart des lycées, et des khôlles (interrogations orales) chaque semaine. C'est dense, mais deux vérités d'initié : le rythme s'apprivoise en deux ou trois mois, et l'entraide réelle des prépas est à mille lieues du mythe de la compétition féroce — surtout hors des cinq ou six lycées parisiens les plus connus. Le 16 de Terminale devient un 9 de prépa : c'est normal, prévu, et ça ne dit rien de ton avenir.
Qui peut viser quoi ? Les vrais chiffres
L'erreur classique : croire que la prépa est réservée aux mentions très bien. La réalité des données Parcoursup : il existe près de mille classes préparatoiresen France, et leurs taux d'accès s'étalent de 4 % (Louis-le-Grand, Henri-IV) à plus de 50 % dans d'excellentes prépas de proximité, dont les admis ont des mentions bien, parfois assez bien. Une prépa de villes moyenne envoie chaque année ses meilleurs dans les mêmes écoles que les prépas parisiennes : les concours sont nationaux et anonymes.
Le conseil le plus rentable de ce guide : ne te censure pas sur le mot « prépa » — ajuste le niveau de prépa à ton dossier. Nos classements par voie (MPSI, PCSI, ECG, BCPST, A/L…) donnent le taux d'accès et le niveau des admis de chaque lycée, avec un filtre par région ; et « Estimer mes chances » sur chaque fiche te dit où tu te situes.
Le coût : la voie la moins chère vers les grandes écoles
- En CPGE publique, la formation est gratuite ; tu dois t'inscrire en parallèle à l'université partenaire (la « double inscription », qui te donne des crédits ECTS et ta couverture étudiante) : 178 € de droits en 2026-2027, gratuits pour les boursiers, plus la CVEC.
- L'internat, quand il existe, coûte quelques centaines à deux mille euros par an selon les lycées et les revenus — et c'est l'ennemi n°1 du préparationnaire, le transport, en moins.
- Les bourses du CROUS s'appliquent comme à l'université ; les classes préparatoires privées, elles, facturent de 1 500 à plus de 8 000 € par an.
Et si ça ne marche pas ?
Le filet de sécurité est réel : les conventions avec les universités font valoir tes années de prépa en crédits (tu rejoins une L2 ou une L3 sans redoubler), les admissions parallèles des écoles recrutent les anciens préparationnaires, et le dossier « a fait une prépa » reste un sésame apprécié partout. Statistiquement, la prépa est l'une des voies post-bac où l'on se perd le moins — et même un concours moyen débouche sur une très bonne école, vu le nombre de places offertes.
Construire son vœu multiple
Une voie de CPGE est un vœu multiple: jusqu'à 10 lycées en sous-vœux pour un seul des 10 vœux. La construction saine : deux ou trois lycées très demandés (« on ne sait jamais »), quatre ou cinq dans ta zone de jeu, deux ou trois « larges » hors des grandes métropoles, en cochant l'internat partout où tu l'accepterais. Trois questions avant de valider :
- Est-ce que je supporte d'être moyen pendant quelques mois ?
- Internat ou pas ? Le temps de transport fait la différence entre tenir et craquer.
- Ai-je mis des prépas de niveaux différents dans mon vœu, et pas seulement les stars parisiennes ?
Pour la méthode complète avec un dossier moyen, le guide Pro dédiédétaille la pyramide de sous-vœux et le paradoxe de l'internat.